Tu n’avais que six mois quand nos chemins se sont séparés,
Ta maman et moi, on a dû autrement continuer.
Mais ne doute jamais de l’histoire qui t’a donné le jour,
Car avant la séparation, il y avait eu l’amour.
Et de cet amour est né le plus beau de mes cadeaux,
Un tout petit garçon que l’on a appelé Mathéo.
La vie a séparé nos maisons, jamais nos sentiments,
Tu étais notre enfant d’amour, et tu le resteras éternellement.
Tu avais à peine un an quand Maïté est entrée dans ma vie,
Et sans bruit, elle t’a ouvert son cœur elle aussi.
Tu n’as jamais connu papa et maman sous le même toit,
Mais on n’a jamais voulu que tu aies à faire un choix.
Tes week-ends, tes vacances, tu pouvais décider,
Aller chez l’un, chez l’autre, revenir quand tu voulais.
Tu as grandi entre deux foyers, simplement,
Avec ta maman, ton papa… et une deuxième maman.
Mon fils, mon amour, mon petit prince à moi,
Peu importe la maison, j’étais toujours là.
Tu as grandi entouré de tellement d’amour,
De frères et de sœurs qui seront là pour toujours.
Et si parfois la vie éloigne ceux qui s’aiment vraiment,
Elle ne pourra jamais défaire les liens du sang.
Mathéo, la prunelle de mes yeux,
Te voir heureux, c’est tout ce que je veux.
Tes deux grandes sœurs t’ont adoré dès tes premiers pas,
Puis Maily est arrivée et a grandi près de toi.
Charles et Clément sont devenus tes nouveaux frangins,
Des week-ends, des vacances, des souvenirs en commun sur le chemin.
Et Geoffrey, déjà parti construire un peu sa vie,
Revenait partager ces moments de famille lui aussi.
Chez nous, personne n’a jamais compté les différences,
Vous étiez frères et sœurs, c’était une évidence.
Tu étais ce petit garçon toujours joyeux,
Sage et poli, avec cette gentillesse dans les yeux.
On n’a presque jamais eu besoin de te gronder,
Tu savais naturellement donner, sourire et respecter.
Pendant quinze ans chez ta maman tu as grandi,
Et puis un jour, une nouvelle page s’est écrite dans ta vie.
Le collège terminé, tu es venu me rejoindre,
Sans savoir que tu allais réaliser un rêve qui était le mien.
Tu m’as fait l’honneur de vouloir suivre ma voie,
Boulanger, pâtissier… apprendre le métier avec moi.
Alors pendant trois ans, côte à côte au fournil,
J’ai vu le petit garçon devenir un homme, au fil
Des matins trop tôt, de la farine sur nos mains,
Des réussites, des erreurs et des jours un peu moins bien.
Ce n’était pas toujours facile, ni pour toi ni pour moi,
Mais ces trois années, mon fils… je ne les oublierai pas.
Mon fils, mon amour, mon petit prince à moi,
Hier je t’apprenais à marcher, aujourd’hui tu marches sans moi.
Je t’ai transmis quelques gestes, un métier, un savoir-faire,
Mais toi, sans le savoir, tu as tellement donné à ton père.
Trois années de bonheur que le temps ne prendra pas,
Des souvenirs de fournil que je garderai avec moi.
Mathéo, la prunelle de mes yeux,
Te voir devenir cet homme me rend tellement heureux.
Et voilà qu’aujourd’hui tu as dix-huit ans…
Il faut que j’apprenne à te laisser partir maintenant.
Tes études sont finies, d’autres horizons t’attendent,
Et même si je souris, il y a mon cœur qui tremble.
Je l’avoue, mon fils, il saigne même un petit peu,
Parce que demain le fournil semblera plus silencieux.
Tu vas laisser derrière toi un grand vide, c’est certain,
Mais un père doit aussi savoir lâcher la main.
Alors va, mon petit homme, découvre ton chemin,
Fais tes propres erreurs, construis tes lendemains.
Je suis tellement fier de celui que tu es devenu,
Et déjà tellement fier de l’homme que je n’ai pas encore connu.
Continue simplement d’être cette belle personne,
Garde ce cœur immense que jamais rien n’abandonne.
Et lorsque la vie sera plus difficile certains jours,
Retourne-toi… derrière toi, il y aura toujours notre amour.
Dernier refrain
Mon fils, mon amour, la prunelle de mes yeux,
Aujourd’hui je n’ai qu’un seul souhait à faire aux cieux :
Que l’amour et la réussite inondent toute ta vie,
Que tu sois heureux dans chacun des chemins que tu choisiras, mon fils.
Tu fais partie d’une famille qui ne te laissera jamais,
Quoi que tu fasses, où que tu sois, quoi qu’il puisse arriver.
Et même lorsque tu seras loin de mes bras,
N’oublie jamais que ton papa sera là.
À six mois, la vie avait séparé deux chemins.
À dix-huit ans, c’est toi qui dois tracer le tien.
Entre les deux, j’ai eu le bonheur immense
De te regarder grandir depuis ton enfance.
Et pendant trois ans,
J’ai eu plus encore :
J’ai travaillé près de mon fils,
Je lui ai transmis mon métier,
Et je l’ai vu devenir un homme.
Alors aujourd’hui, va vivre ta vie, Mathéo.
Va découvrir le monde.
Va réussir.
Va aimer.
Et si un jour tu te demandes où est ta maison,
Souviens-toi que tu en as toujours eu plusieurs…
Mais qu’il n’y aura jamais qu’une seule place
dans le cœur de ton père qui porte ton nom
Je t’aime, mon fils.
Salut mec !!!!!
Papa